Historique

Historique


La naissance (1963)

-   avril 1963 : Jacques Kraemer et quelques comédiens déposent les statuts d’une coopérative ouvrière dénommée “ Théâtre Populaire de Lorraine ”
-   une association “ Les Amis du T.P.L. ” est créée, une librairie “ T.P.L. ” est ouverte
-   28 septembre : le TPL présente son premier spectacle, Paolo Paolid’Arthur Adamov (mise en scène de J. Kraemer), à l’Hôtel des Mines de Metz devant 800 spectateurs. Le Général Massu, alors gouverneur militaire de Metz, “ bat en retraite ” à l’entracte


La “ lumpendecentralisation ” (1963-1966)

-   Les trois premières saisons du TPL, implanté à Metz, se concrétisent avant tout par une intense activité – 4 ou 5 créations par saison et en moyenne 150 représentations, 50 000 spectateurs touchés, 50 villes lorraines visitées – en dépit de conditions matérielles et financières difficiles
-   Le TPL parvient à arracher ses premières subventions aux Conseils Généraux


Vers “ l’institutionnalisation ” (1966-1968)


-   André Steiger assure la co-direction du TPL avec J. Kraemer

-   Le TPL, malgré l’hostilité sournoise de la ville, et les dérobades et tergiversations de l’Etat pour l’attribution du statut de troupe permanente :

• milite et œuvre pour un “ théâtre populaire et d’avant-garde ” ;

• tente de calquer le modèle organisationnel d’un Centre Dramatique ;

• assure également un embryon de programmation et d’animations dans le style “préfiguration Maison de la Culture” (expositions, récitals poétiques, conférences, spectacles “chansons”) ;

• porte le théâtre jusque dans les plus petites villes lorraines où il n’y en avait jamais eu.


Le tournant de 1968


Le TPL, malgré un riche bilan artistique, est dans une double impasse : financière (des millions de dettes) et sur le plan des relations avec le public

-   mai/juin 1968 : les comédiens du TPL, en tournée avec Le Menteurde Corneille, se constituent en Comité de grève et réalisent deux spectacles d’intervention sur l’actualité qui sont joués dans les usines occupées

-   J. Kraemer signe la déclaration des directeurs de théâtres populaires et des Maisons de la Culture réunis en comité permanent à Villeurbanne le 25 mai 1968

-   Faute de moyens, le TPL se met en veilleuse pendant 8 mois

-   19 avril 1969 à Villerupt : création de Splendeur et misère de Minette la Bonne Lorraine(mise en scène et texte de J. Kraemer, en collaboration avec René Gaudy et l’équipe du TPL). Une réussite incontestable qui inaugure un nouveau type de théâtre en France et un nouveau type de rapports avec le public (rencontre du théâtre et de la “ classe ouvrière ”).


Le “ temps ” de Villerupt (1970-1972) : Kraemer-Loyon


-   à la reprise de Minette, les difficultés sont accrues par les diminutions de subventions, l’exil forcé à Villerupt, un début de liquidation judiciaire

-   saison 70-71 : la question de la vie ou de la mort du TPL se pose : trois spectacles à 2 comédiens sont tout de même montés

-   le Ministre des Affaires Culturelles refuse toujours de subventionner normalement le TPL

-   l’expérience TPL est dans l’impasse.La Liquidation de Monsieur Joseph K., pièce sur la liquidation du petit commerce, présente en filigrane la liquidation du TPL. Mais la profession et le public réagissent . La solidarité est exemplaire. Le TPL vivra.


Le retour à Metz (1972-1977)


-   1er septembre 1972 : signature d’une convention triennale avec la nouvelle Municipalité de Metz

-   les subventions augmentent

-   le TPL inaugure un petit théâtre de 150 places sur l’Ile du Saulcy

-   le TPL crée une succession d’œuvres référencées directement ou indirectement à la région d’implantation

-   René Loyon, co-directeur reste le principal collaborateur de J. Kraemer

-   Charles Tordjman rejoint le TPL en 1972 ; il en devient co-directeur en 1974. Le triumvirat “ Kraemer-Loyon-Tordjman ” est constitué

-   Juillet 1974 : Le Retour du Graoullyest joué au Festival d’Avignon (cloître des Carmes)

-   17 septembre 1974 : Michel Guy, Secrétaire d’Etat aux Affaires Culturelles, s’engage à faire du TPL le 20e Centre Dramatique National français

-   novembre 1974 : l’annonce de la création de Noëlle de Joieenclenche “ l’affaire TPL”

-   25 juin 1975 : plus de 1.000 personnes participent à la manifestation de soutien au TPL

-   2 juillet 1975 : le Sénateur-Maire de Metz dénonce la convention liant la ville au TPL. Les subventions municipales sont supprimées

-   le TPL est interdit de séjour dans le journal local

-   le TPL ne sera pas Centre Dramatique National

-   octobre 1976 : l’abonnement TPL de la saison est supprimé


Les débuts de l’implantation thionvilloise (1977-1982) : Kraemer-Tordjman


-   juin 1977 : la nouvelle Municipalité de Thionville signe une convention avec le TPL qui s’installe dans le Théâtre Municipal (une deuxième salle de 150 places est aménagée)

-   le TPL maintient son implantation à Metz (théâtre du Saulcy) et assure une programmation théâtrale à Longwy (Centre Robert Schuman) pendant plusieurs saisons

-   le répertoire du TPL s’infléchit vers une recherche plus subjective, plus sensible, plus poétique : de nouveaux auteurs sont joués (C. Tordjman, A.-M. Brucher-Kraemer)

-   les mises en scène sont signées J. Kraemer ou C. Tordjman, mais aussi J. Champagne et M. Grego

-   1982 : le TPL est officiellement investi d’une mission de décentralisation régionale mais les Conseils Généraux se désengagent. La création du Centre Dramatique National ne se fera pas

-   juin 1982 : J. Kraemer quitte le TPL. C. Tordjman devient seul Directeur.


Thionville (suite) : la période Tordjman (1982-1992)


-   une investigation dans le quotidien du 20e arrondissement de Paris conduit C. Tordjman à écrire Le Chantierque Guy Rétoré met en scène au Théâtre de l’Est Parisien

-   C. Tordjman assure la quasi totalité des mises en scène dont deux en collaboration avec R. Loyon

-   Des “ cartes blanches ” sont toutefois données à d’autres metteurs en scène (A. Demonico, Y. Gourvil) ou comédiens (C. Guedj, D. Kerckaert, M. Parot, D. Gabison)

-   Des auteurs “ classiques ” consacrés ou reconnus sont montés : G. Feydeau, A. Gide, Crebillon fils, J. Renard, A. Strindberg, M. Duras, Brecht, Shakespeare, E. Durif

-   C. Tordjman commande des textes à des auteurs contemporains : un romancier, T. Ben Jelloun, un auteur de théâtre dramatique, S. Valletti, un poète, B. Noël (avec lequel il noue et développe une complicité intellectuelle)

-   C. Tordjman s’assure la collaboration d’artistes “ reconnus ” pour la scénographie (Y. Kokkos, Nicolas Sire), la musique (J.-Louis Mechali, J.-Louis Chautemps), la chorégraphie (Caroline Mercade), les éclairages (Gérard Poli, Patrice Trottier)

-   La “ bande ” à Tordjman se constitue progressivement : François Clavier, Coco Felgeirolles, Daniel Martin, Jérôme Kircher, Jean-Claude Leguay, Philippe Fretun…

-   De 1984 à 1988, l’Association “ Théâtre pour Tous ”, en collaboration avec le TPL et dans le cadre d’une convention Ville-Etat, crée –en s’occupant de leur organisation – de nombreux ateliers de formation dans le milieu scolaire et en dehors, elle anime les à-côtés du théâtre (foyer et petite salle du théâtre)

-   De nombreuses démarches sont faites par la Direction du TPL et la Municipalité de Thionville pour demander la reconnaissance institutionnelle de la compagnie

-   1989 : le TPL devient Centre Dramatique Régional

-   C. Tordjman quitte le TPL pour prendre la direction du Théâtre de la Manufacture, Centre Dramatique National de Nancy-Lorraine, à compter du 1er janvier 1992.


Stéphanie Loïk, Directrice du TPL, Centre Dramatique Régional de Thionville


-   1er janvier 1992 : Stéphanie Loïk, nommée par le Ministère de la Culture, devient Directrice du Théâtre Populaire de Lorraine

-   S. Loïk développe les activités de formation existantes (nombreux “ ateliers ” en milieu scolaire) : chaque année, ce sont près de 500 enfants, pré-ados, ados et adultes, qui sont formés grâce au Théâtre Populaire de Lorraine

-   Dès son arrivée, elle lance l’opération “ Public Plus ” : une démarche artistique et culturelle vers un jeune public défavorisé, avec des actions de sensibilisation spécifiques autour des créations, une politique de prix adaptée (place à 20 F) et la mise en place d’ateliers de pratiques artistiques.

-   Mise en place de nombreuses actions de proximité : rencontres avec des auteurs, metteurs en scène et comédiens, des lectures, des stages avec des professionnels, notamment la Compagnie Gosh et la Compagnie Accrorap.

-   En 1998, Stéphanie Loïk met en place une permanence artistique : Igor Oberg, Claudia Calvier-Primus, Mohamed Mouaffik, deviennent comédiens permanents.

-   Fidèle aux fondateurs du Théâtre Populaire de Lorraine, elle accueille J. Kraemer, R. Loyon, et bien entendu, C. Tordjman avec qui elle noue une belle complicité et met en place des partenariats entre les deux structures

-   En 2001, elle accueille en résidence le jeune metteur en scène Balazs Gera

-   Proche des compagnies régionales, elle les inscrit dans sa programmation : Compagnie de L’Escabelle, Araignée Théâtre II, Théâtre du Jarnisy, Compagnie d’Urgence 2, …

-   Elle collabore avec Michel Didym dans le cadre de ses différentes opérations : Mousson d’Eté, La Mousson sur l’eau.

-   A deux reprises, des actions “ Culture à l’Hôpital ” sont mises en place. L'une d'elles obtient d'ailleurs un Prix Rotary


Laurent Gutmann, Directeur du Centre Dramatique de Thionville-Lorraine


-   1er janvier 2004 : Laurent Gutmann, nommé par le Ministère de la Culture, prend la direction du Théâtre Populaire de Lorraine qui devient CENTRE DRAMATIQUE DE THIONVILLE-LORRAINE.

Depuis sa prise de fonction, Je suis tombé est sa sixième création. Pour mémoire : Splendid’s de Jean Genet, Les Estivants d’après Maxime Gorki, avec le groupe XXXV de l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg, La Nuit va tomber, tu es bien assez belle, spectacle à installer partout qu’il a écrit et mis en scène, Terre Natale de Daniel Keene, une recréation, Lorenzaccio de Alfred de Musset avec la troupe du Saarländisches Staatstheater de Sarrebruck, une adaptation qu’il assure en langue allemande, puis en 2007, Chants d’Adieu écrite pour lui par Oriza Hirata et qui réunit sur le plateau des acteurs français et japonais.

-          Il est à l’initiative de l’acquisition d’un troisième lieu de théâtre, par la Ville de Thionville : le Théâtre en Bois. Celui-ci est un petit théâtre autonome pouvant accueillir environ 250 personnes. Il ouvre un espace autorisant des formes fondées sur la proximité avec le public, la convivialité, la complicité. Conçu et construit par l’Odéon – Théâtre National en septembre 1996 comme structure itinérante, le Théâtre en Bois, alors baptisé « La Cabane » a circulé dans cinq lieux depuis sa construction dont Calais, Brest et Le Havre. Les metteurs en scène Lukas Hemleb, Eric Lacascade, Balazs Gera, Georges Lavaudant y ont présenté des auteurs comme Grégory Motton, Anton Tchekhov, Fédor Dostoïevski ou Sophocle.

A Thionville, tel que cela a été formulé par Laurent Gutmann dans son nouveau projet de direction, l’établissement durable du Théâtre en Bois vise à assurer au Centre Dramatique de Thionville-Lorraine la disponibilité d’une salle pour ses activités de création, répétition et représentation supplémentaire et intermédiaire entre la petite et la grande salle du Théâtre de Thionville.

-   Dès son arrivée des collaborations transfrontalières prennent forme : Splendid’s (2004, coproduction Théâtre National de Luxembourg), Lorenzaccio (2006, commande du Saarländisches Staatstheater GmbH, Sarrebrück), le Festival Total Théâtre (octobre 2007)

-   Il met en place les Plateaux Lorrains (octobre 2005) : En bonne place dans son projet artistique, le Centre Dramatique de Thionville-Lorraine a inscrit l’obligation d’attention au milieu artistique lorrain. Avec le soutien du Conseil Régional, les artistes de Lorraine ont accès à un  espace d’essai et d’innovation, de liberté artistique : les Plateaux Lorrains.

Pendant une semaine, quatre porteurs de projet de spectacle disposent des moyens humains, techniques et financiers de produire une maquette d’une création à venir, sous une forme qu’ils choisissent et mettent en œuvre.

-          En septembre 2005, le Centre Dramatique de Thionville-Lorraine et l’Université Paul Verlaine – Metz signent une convention de développement culturel. Après plusieurs années de relations suivies, tant d’un point de vue artistique et culturel que public, ces deux institutions ont souhaité approfondir leurs relations en convenant d’objectifs et d’un cadre d’actions pluriannuelles.

La convention s’articule autour de quatre programmes d’action : la sensibilisation, pour permettre l’accès à l’art au plus grand nombre ; la formation, initiale comme continue ; la création, et pour exemple la mise en place de collaborations artistiques ; la recherche, enjeu partagé de l’université et du Centre Dramatique.

-          Depuis le 1er janvier 2008, la structure est officiellement labellisée Centre Dramatique National.


Depuis 1er janvier 2010, Jean Boillot est le nouveau directeur du CDN de Thionville-Lorraine qui a pris le nom de Nest - CDN de Thionville-Lorraine